Alain Bombard et Paul Ricard se sont illustrés dans la protection de la mer et se sont mobilisés contre les rejets de boues rouges dès les années 60.

Un demi siècle de rejet

Les 30 millions de tonnes de "boues rouges" déversées par la fabrique d'alumine de Gardanne au large de Cassis et en plein coeur du Parc National des Calanques depuis 1966 sont des résidus industriels chargés en métaux lourds.



Les comités scientifiques de l'usine et les pouvoirs publics, ont soutenu jusqu'à présent que ces "boues rouges" étaient inoffensives. Cependant, en 2012 nous avons découvert un rapport scientifique indépendant datant de 1993 qui dévoilait en partie la toxicité des boues rouges. Ce rapport, soumi à un engagement de confidentialité n'a été rendu public qu'en 2012.

Depuis 2012, les collectifs du littoral s'engagent contre ces rejets de "boues rouges" en relançant une alerte âgée de cinquante ans.

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Adossé à l'argument de garder les emplois de son usine de Gardanne, le groupe Australien Altèo, repreneur de Rio Tinto Alcan, succésseur Péchiney, tente de contourner l'engagement industriel pris lors de la convention de Barcelonne en 1976 de stopper fin 2015 ses rejets de "boues rouges" en mer en demandant une autorisation de déverser à présent ses "effluents liquides" pendant trente ans.

Le préfet maritime a demandé l'avis du conseil d'administration du Parc National des Calanques de Marseille qui s'est réuni le 8 septembre 2014 à Cassis et dont l'avis pouvait à lui seul faire stopper ces rejets en mer.

L'heure était grave de sens pour l'avenir et c'est accompagnés des paroles d'Alain Bombard dans leur mégaphone que les collectifs du littoral se sont mobilisés devant le centre de congrès l’oustau-calendal sur le port de Cassis, espérant une prise de conscience environnementale des cinquante membres. Peine perdue ! À 18 heures le CA rendait un avis favorable pour les rejets en mer. En observant la répartition des membres on pouvait s’apercevoir qu'un tiers seulement allait être en mesure de protéger l'environnement et la mer. Il y a eu 30 voix pour continuer les rejets et 16 contres.

Aujourd’hui, nous affirmons que cette « décharge à mer ouverte » libère ses poisons dans l'écosystème marin et que les particules toxiques ont déjà remonté par la chaine alimentaire dans nos propres organes, filtres ultimes d'une odieuse économie circulaire.

Selon son communiqué, S.Royal ne donnera pas d'autorisation

Trois jours après que le conseil d'administration du parc ai donné un avis favorable, la ministre de l'écologie, Ségolène Royal publie un communiqué qui titre : « Ségolène Royal ne donnera pas d'autorisation de poursuivre les rejets de boues rouges même sous forme liquide en Méditerranée »

Elle charge le BRGM d'une expertise "indépendante" sur les boues rouges d'Alteo sachant que le BRGM et Alteo sont partenaires pour commercialiser les boues rouges valorisées dans le cadre d'un projet européens de plusieurs millions d'euros intitulé BRAVO. Tout est dit.

Réunion publique du 23 septembre 2015 à Luminy/Marseille sur les rejets toxiques en mer de l'usine d'alumine de Gardanne.

L’arrêt immédiat de ces rejets toxiques

Les collectifs du littoral sont regroupés pour faire stopper les rejets des boues rouges au large des calanques de Cassis engagent alors de véritables études indépendantes. Ils réunissent des scientifiques, océanographes, ONG, associations, collectifs d’habitant du littoral et élus.
Tous sont unanimes et pressentent l’héritage toxique que l’industriel ne manquera pas de laisser au fond de l'eau à la charge de la population du littoral et des prochaines générations.
En faisant la lumière sur l’état réel de la pollution camouflée par l’industrie de Gardanne, les collectifs du littoral de défense mèneront à terme ce qu’Alain Bombard, Paul Ricard et bien d’autres lanceurs d’alerte ont commencé dans les années 1960 par protéger notre environnement marin et notre santé.

32 millions de tonnes de boues chargées en métaux lourds et radioactives c'est :

-20 tonnes d'arsenic, deux millions de tonnes de titane, soixante mille tonnes de chrome, mille sept cent tonnes de plomb, du vanadium, du mercure...qui remontent en surface par l'action des courants.

- 680 km² de "panache" observé du ciel. Sachant qu'un objet flottant fait le tour du bassin en un an, c'est toute la Méditerranée qui est impactée.

Même à très forte dilution, ces polluants bloquent la croissance et le renouvellement d'espèces et se transmettent dans les gènes (cas de l'huître et de l'oursin observés).

C'est la fertilité de la mer, la santé de notre environnement et la nôtre qui sont en jeu, sans compter les milliers d'emplois associés à la qualité de notre littoral (pêche professionnelle, tourisme, fonction résidentielle...).